A travers les siècles
Remonter La guerre de 1870 A travers les siècles

MARS la TOUR, un des plus anciens villages de Lorraine, prend son nom d'une tour élevée par les romains au Dieu de la guerre Mars, au centre d'une forêt défrichée en 1838.

Tout dans l'histoire de Mars la Tour semble  rappeler la guerre et les combats :
- Son blason, "Un champ d'argent, à la tour de sable, surmontée de trois tourelles aussi de sable".
- Fondation par l'envahisseur romain.
- Construction d'un château fort
- Fief mouvant, objet de luttes perpétuelles entre Metz et les Ducs de Lorraine.
- Etablissement d'une justice seigneuriale relevant  de l'importante châtellenie de Preny.
- Eglise militaire, dédiée à Saint Martin (316-397), soldat pannonien thaumaturge des Gaules, évêque de Tours en 371.
- Bataille du 16 Août 1870 en mémoire de laquelle fut érigé  le monument Bogino.

Vestige du passé romain, deux voies romaines  reliaient Metz (Divodorum) à Verdun (Virodonum). L'une passait par Gravelotte, Mars la Tour et Hannonville, ... ; l'autre par Saint-Marcel, Doncourt, Jarny, Conflans, ... .Ces routes existent encore aujourd'hui.
Après la conquête romaine, Mars la Tour reste ignoré jusqu'au jour les seigneurs-évèques de Metz, maîtres tout puissants et bagarreurs y établirent, malgré les prétentions des Ducs de Lorraine, leur suzeraineté. Mars la Tour devint, à partir de 1317 une petite ville de guerre avec un château fort et une garnison de 900 hommes.
Malgré la reconnaissance par les seigneurs de Mars la tour de la suzeraineté des évêques de Metz, les ducs de Lorraine occupèrent constamment cette enclave messine. Il en résulta des luttes continuelles.
    En 1368, Jean de Mars la Tour suscita une guerre entre le messins et le comte de Bar. Il fut fait prisonnier avec 60 gentilshommes.
    En 1405, à la suite d'un conflit  entre les magistrats de Metz et leurs subordonnés, les habitants du comté de Bar et de Mars la Tour furent mis à mort, et leurs biens furent confisqués au profit de la cathédrale de Metz.
    En 1490, Mars la Tour fut complètement brûlé par les messins. Des excès commis par les Lorrains dans la vallée de la Moselle en était la raison.

    En 1500, "Notre Dame de Mars-la-Tour", une collégiale desservie par cinq chanoines et un prévot, est établie prés du château féodal de Gérard d'Avillers, seigneur de Commercy et de Mars-la-Tour. Cette fondation religieuse relèvera l'éclat du château et de la seigneurie de Mars-la-Tour.
    En 1552, lors du siège de Metz par Charles Quint, le maréchal de Vieilleville, averti par le maire de Ville sur Yron, anéanti une garnison espagnole composée de 600 hommes, s'empare de son convoi de 300 chariots de vivres garés à Mars la Tour. Les soldats français resteront ensuite à Mars la Tour pendant douze jours.
    En 1622, le 28 Juillet, les protestants allemands, au nombre de 25 000 combattants, pour éviter les troupes du comte de Vaudémont arrivèrent devant la ville de Mars la Tour (A cause de ses murailles et de son château-fort, Mars la Tour avait officiellement le titre de ville au moyen-âge). Ceux qui leurs résistèrent furent massacrés. Ils brûlèrent également de nombreux et riches villages : Béchamps, Jeandelize, Aucourt et Gondrecourt.
    Le 13 Juin 1680, un arrêt de la chambre royale de Metz, instituée par Louis XIV, ordonna, en même temps que Besançon et Brisach, la réunion de la place forte de Mars la Tour à la France. Cette décision fut annulée le 30 Octobre 1697 par le traité de Ryswick, et Mars-la Tour retourna à la Lorraine.
    Ce n'est que en 1766, à la mort du roi Stanislas de Pologne, que la Lorraine fut rattachée à la France, et par la même Mars-la-Tour.

Aspect Administratif :
- En 1790, Mars-la-Tour fut érigé en chef lieu de canton. Celui-ci comprenait les communes de Chambley, Champs, Dampvitoux, Hagéville, Puxieux, Rezonville, Sponville, Tronville, Vionville et Xonville.
- En 1802, il perd ce titre pour être placé dans le canton de Gorze. Il fait partie aujourd'hui du canton de Chambley, démembré de celui de Gorze en 1870.

Aspect religieux :
La collégiale "Notre Dame de Mars-la-Tour", établie par Gérard d'Avillers, a été officiellement autorisée par l'évêque de Metz Henri de Lorraine, et ratifiée par le pape Alexandre VI en 1502. Elle vécu avec ses chanoine jusqu'au 15 Avril 1792 date à laquelle l'église fut fermée et vendue comme bien national. Parmi les objets du culte qui furent transportés à la paroisse, un reliquaire  en argent contenant des cheveux de la Vierge et donné le 13 Mars 1629 par Catherine de Lorraine aux chanoines de Mars-la-Tour.
La collégiale sert aujourd'hui de grange. Le château, également bâti par Gérard d'Avillers, passa successivement aux mains des Haraucourts, des Fiquelmont, des Salles et des Ludre. Deux particuliers en sont aujourd'hui propriétaires. Il sert aujourd'hui, pour une partie, de maison de ferme.