La guerre de 1870
Remonter La guerre de 1870 A travers les siècles

bataille des 16 et 18 Août 1870

Depuis trois semaines, la campagne de 1870 est ouverte. Les français ont reculé et perdu les cruelles batailles de Forbach et Wissembourg. L'armée française, sous les ordres de Bazaine et de Mac Mahon s'est massée aux alentours de Metz afin d'interdire l'entrée en Lorraine aux 3 grandes armées allemandes commandées par De Steinmetz, le prince Frederic-Charles, et le prince royal de Prusse (l'empereur Frederic, père de Guillaume II).
Le 12 Août, l'empereur Napoléon3 céde le commandement en chef à Bazaine. Le 14 Août, afin de tenter, dans les collines de l'Argonne, un suprême effort contre les masses allemandes, l'ordre est donné aux français de battre en retraite sur Verdun. Cette manoeuvre est stoppée à Borny où les pertes sont nombreuses (500 hommes pour les prussiens, 3600 pour les français).
Alors que les armées allemandes occupent toutes les routes en direction de Borny, et exécutent des mouvements pour englober l'armée française, Mac Mahon, avec des troupes démoralisées, bat en retraite.Bazaine lui ne bouge pas.
Le 16 Août au matin, l'armée française comprenant la garde impériale, les 2ème, 3ème, 4ème et 6ème corps, les divisions de cavalerie de Barail et de Forton, l'artillerie, est concentrée sur les territoires de Rezonville, Villers au Bois, St Marcel et Bruville pendant que les prussiens s'appuient au  bois de Gorze avec le 3ème et le 10ème corps.
Les français, attendant toujours les ordres de Bazaine pour le recul sur Verdun, nettoient leurs fusils, abreuvent les chevaux, font la soupe. Ils sont surpris lorsque, à 9 heures du matin, les prussiens, qui se montrent sur les hauteurs de Tronvile, les assaillent de tir d'artillerie. Après un moment de panique, ils prennent leurs positions de combat. La division Bataille occupe Vionville et les hauteurs de Flavigny, tandis que la division Bergé et la brigade Lapasset s'étendent de Rezonville au bois de Vionville. Notre artillerie tonne à son tour et répond aux allemands qui commencent à battre en retraite.Le général Canrobert et le 6ème corps prennent insensiblement position en arrière du 2ème, entre la voie romaine et la route de Verdun. Le général Bataille est entré dans Vionville. Les prussiens, canonnés par notre artillerie se retirent dans les bois, reculant sur toute la ligne. Il est à ce moment 10h du matin, et, si Bazaine avait donné des ordres au lieu de rester à Gravelotte, la retraite se changeait en marche en avant et le 3ème corps allemand commandé par le général Alvensleben, qui croyait avoir affaire à l'arrière garde française, aurait pu être rejeté sur les bords de la Moselle

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Le monument BOGINO

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Monuments commémoratifs érigés au Fond de la cuve, à Mars la Tour.

Des allemands, qui se trouvaient dans le secteur de Novéant, en entendant la canonnade se dirigent vers Gorze et arrivent à Flavigny. Ils sont assaillis par la division Bataille et subissent des pertes énormes avant de se replier derrière Flavigny. De toutes part débouchent des masses allemandes. Commence alors un duel à la fin duquel Flavigny, Vionville et le Bois de Vionville sont définitivement perdus pour les français. Le général Leboeuf arrive à St Marcel, la division Legrand à Doncourt, la cavalerie du général De France et les chasseurs de Du Barail  à Bruville. Quant aux allemands, ils n'avaient toujours que leur 3ème corps et deux divisions de cavalerie
Arrivé enfin sur le champ de bataille, Bazaine donne l'ordre aux lanciers et aux cuirassiers de la Garde de se jeter en travers des prussiens qui sonnent la charge. Le général Du Preuil va diriger les opérations. Cette charge légendaire et héroïque de la part de la cavalerie française va se poursuivre une bonne partie de la journée. Les pertes pour les allemands sont immenses. Cependant, et malgré leurs avantages, les français arrêtent leur offensive sur ordre de Bazaine.
A 5h de l'après-midi, le 10ème corps allemand, commandé par le Prince Frederic-Charles apparaît soudainement. Cantonné à Pont à Mousson, et averti par une estafette du déroulement des combats, ce dernier franchi en moins de 2 heures les 22km qui le séparent du champ de bataille. Il mesure l'étendue et ordonne d'aller en avant et de vaincre les français. Mais toutes les offensives sont stoppées par les corps d'armée et les mitrailleuses françaises. Depuis la prise de Flavigny, les allemands n'ont pas fait un pas en avant.

Non loin de là, la brigade allemande de Wedell se dirige sur le général Grenier retranché à Grizières. Lorsqu'elle apparait au sommet de la crête, elle est accueillie par les balles des soldats de Grenier. Le général Cissey débouchant de la droite de Grenier se rue aussitôt sur sur les soldats prussiens épuisés. Au bout de quelque minutes le 16ème régiment prussien est contraint de sonner la retraite. Se laissant glisser dans le ravin, ces bataillons sont presque entièrement anéantis. Le sous-lieutenant Chabal capture le drapeau du 16ème régiment qui met ainsi hors de combat 72 officiers et 2542 soldats. Les français traversent à leur tour le ravin, et repoussent l'ennemi. Il est 6 h du soir.  Un aide venue de la droite aurait assuré la victoire. Bien que n'en ayant pas reçu l'ordre, Ladmirault, commandant le 4ème corps français, lance, hésitant, le mouvement contre Mars la Tour. Les allemands n'ont plus d'infanterie à opposer, et leur artillerie est à bout de souffle et de munitions. Le général De Voigts-Rheits envoie contre les assaillants toutes les troupes qu'il a sous la main : le 1er régiment de dragons de la garde prussienne et le 4ème cuirassiers sont lancés sur le général Grenier. Le feu des mitrailleuses françaises contraint les cuirassiers à se retirer. Les dragons, plus chanceux, le général Brayer et ses soldats se regroupent autour de leur drapeau et les repoussent. Le général Ladmirault, indécis, en faisant repasser le ravin à ses troupes les empêche de s'emparer d'une batterie prussienne qui peut ainsi se réfugier dans Mars la Tour.
A ce moment, Frederic-Charles angoisse à l'idée de voir ses soldats, harassés et débandés, assaillis par les divisions de Canrobert et Leboeuf basées sur Rezonville. Seul le 4ème s'ébranle lentement. Il faut donc l'arrêter rapidement. Le prince envoie à sa rencontre tous les régiments dont il dispose. Une batterie Prussienne s'était postée en avant, entre Ville sur Yron et la ferme de Grisière, et bombarde les bataillons massés au nord de cette ferme. Le 2ème chasseurs d'Afrique monte à l'assaut des artilleurs allemands pour s'emparer de leurs pièces quand les dragons de la garde prussienne accourent pour apporter leur aide à cette batterie. Ils battent néanmoins en retraite vers Mars la Tour. Le 13ème dragons se jette à son tour dans la bagarre, et l'infanterie ennemie exécute plusieurs décharges contre nos chasseurs d'Afrique qui,   devant le nombre considérable d'assaillants, se retirent et se placent à mi-chemin entre Ville sur Yron et Bruville.
Les deux cavaleries sont maintenant prises dans l'engrenage. Le dragons prussiens poussent en avant. Ladmirault les arrête net en couvrant le 2ème chasseurs d'Afrique par les 2ème et 7ème hussards, le 3ème dragons, les lanciers de la garde et les dragons de l'impératrice. De son côté le prince Frederic-Charles, effrayé de ces mouvements qui ne lui présagent rien de bon, fait partir au galop toute la cavalerie réunie entre Tronville et Puxieux. La brigade allemande Barby passe à l'ouest de Mars la Tour, emmenant avec elle le 16ème dragons et le 10ème hussards, et précédée par le 13ème dragons qui suit la route de Mars la Tour à Jarny.

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Monument du Fond de la Cuve à Mars la Tour

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L'abbé FALLER dans son musée.

Les hussards français de Montaigu s'abattent sur ce dernier régiment avec la rapidité de l'éclair, le sabrent et le traversent de part en part. Malheureusement, cette charge avait été mal préparée, nos régiments n'étaient pas à même de se soutenir immédiatement et nos hussards ont peine à lutter contre les cavaliers allemands. Le 3ème dragons de la brigade de Gondrecourt survient alors pendant que le restant de la brigade Barby et le 10ème hussard prussien secourent leur régiment d'avant garde.
Un choc effrayant allait se produire entre les trois régiments français et les six régiments allemands. Il est environ 6h45. Les deux lignes de cavalerie s'affrontent sur tout leur front avec la plus grande impétuosité. Vainqueurs sur un point, rompus sur un autre, les escadrons des deux partis s'efforcent, chacun pour son compte, de gagner le flanc de l'adversaire. Un épais nuage de poussière s'élève bientôt et voile cette furieuse mêlée. Le général de Montaigu, grièvement blessé, est fait prisonnier. Le général Legrand s'élance, avec le 3ème dragons, au secours de ses soldats; mais c'est en vain! La mort vient le frapper au milieu de ces inutiles efforts.

Le général de France n'avait pas jugé opportun d'appuyer la division Legrand.. Il attendait la cavalerie ennemie sans même achever le déploiement des dragons de l'impératrice et ne se décida à entrer en action qu'après l'échec du général Legrand lorsque les allemands ne sont plus qu'à 150 pas de lui. Il précipite alors ses lanciers sur les lanciers d'Oldenbourg. D'un élan irrésistible nos escadrons traversent les rangs allemands. Malheureusement, ils vont donner sur la droite du général Legrand et sont pris, à cause de leurs habits bleus, pour des prussiens. Nos cavaliers égorgent les lanciers, sans les entendre, sans les reconnaître, malgré leurs cris d'angoisse : "Ne frappez pas, nous sommes français".
Témoins de cette méprise, les uhlans bousculent un escadron de lanciers, mais les dragons de l'impératrice se jettent à leur tour sur le flans des uhlans. La mêlée devient indescriptible. Au milieu de cette poussière qui aveugle on n'y voit plus. Les sabrent frappent sans relâcha, tuent presque au hasard. Dans cette masse confuse qui tourbillonne et se mêle à ce point qu'on ne peut distinguer les français des prussiens, les hussards puis les cuirassiers allemands font de larges trouées, tandis que nos infatigables chasseurs d'Afrique se précipitent au plus épais de la mêlée. 8000 cavaliers s'entre-tuent au milieu des hourras et du choc formidable du fer.

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En mémoire aux soldats tombésdans la campagne malatourienne

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En mémoire des soldats prussiens tombés entre Flavigny et Vionville.
.Tel fut ce combat de géants qui se termina par la retraite de la cavalerie prussienne vers Mars la Tour, mais qui empêcha le mouvement du 4ème corps français vers Vionville. 46 escadrons de cavalerie et plus de 8000 cavaliers venaient de s'entr'égorger sur le plateau d'Yron.
Le jour baissait, on se battait encore devant Rezonville : Canrobert et Bourbaki chargeaient les allemands dans un suprême effort et vers 10h du soir, dans le bois des Ognons les hessois étaient aux prises avec les chasseurs de la garde. Enfin cette bataille de onze heures était consommée. Un silence profond entrecoupé par les plaintes et les cris des mourants s'étendait alors sur ce large plateau. Une nuit froide succédait à cette brûlante journée d'été, et après des efforts surhumains, les combattants prenaient quelques instants de repos dans leurs bivouacs.

Les français restaient maîtres de leurs positions et couchaient sur le champ de bataille. Le lendemain de ce terrible combat, l'armée française se replie toute entière sur Metz suivie par l'armée prussienne qui cherche à l'enserrer complètement. Cette manoeuvre aboutit à la désastreuse bataille de Saint Privat, puis au blocus de Metz.

Propos tirés des récits de Messieurs Alfred DUQUET et Emile BADEL.

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L'église militaire de Mars la Tour, entièrement consacrée à la mémoire des combattant français morts au champ d'honneur.
La charge de la cavalerie (57352 octets)
A Mars la Tour, en mémoire des soldats français morts pour la patrie, un monument commémoratif fut élevé, puis inauguré le 2 Novembre 1875.

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"La charge de la cavalerie"
Un des deux hauts-reliefs qui décorent les faces du piédestal.